Chômage et Economie

Le chômage doit être un signe de progrès et non une catastrophe économique ?

Le chômage n'est certainement pas le fléau qu'on nous dépeint quotidiennement. Bien au contraire, il est signe de santé et de progrès technologiques. Il est donc inutile de chercher à le combattre mais il faut au contraire l'intégrer pleinement dans notre Economie. Il faut le considérer non pas comme un désastre mais comme signe extérieur d'évolution.

On oublie constamment que la cause principale du chômage provient des formidables progrès technologiques dont nous bénéficions depuis plus d'un siècle. Partout, des procédés – d'abord mécaniques, puis électriques, et maintenant électroniques – nous libèrent en exécutant à notre place des tâches de plus en plus complexes (l'ordinateur et ses dérivés en sont bien sûr l'exemple le plus concret)

Vouloir éradiquer le chômage en voulant créer des emplois à tout prix est donc une utopie car le but de nos avancées techniques est précisément de supprimer des emplois et de faire travailler les machines à notre place… Nous sommes donc en pleine contradiction avec nous-mêmes…

Alors pourquoi ce progrès, matériellement libérateur, devient-il économiquement dévastateur ?

La réponse est extrêmement simple : technologiquement, nous sommes au 21e siècle alors que sur les plans politique et social nous nous débattons encore en plein 19e siècle !

Nos lois, notre Economie, notre organisation, notre conception du travail, fonctionnent toujours selon des schémas vieux de plus de cent ans et totalement inadaptés à notre nouvel environnement technique. Et c'est de cette discordance entre avancées scientifiques et vétusté sociale que proviennent tous nos maux.

Il n'y a donc que deux solutions. La première serait d'arrêter le progrès et de détruire les machines. Ca serait radical et efficace. Les guerres d'ailleurs s'en chargent régulièrement et les pays en cours de reconstruction ne connaissent que rarement le chômage. Mais je crois que personne ne souhaite de retour en arrière, guerre ou pas guerre…

La seconde solution serait de se débarrasser enfin du mode de pensée obsolète du 19e siècle. Tant que l'on s'accrochera à cette idée périmée que le travail est obligatoire et indispensable pour percevoir des revenus, on ne s'en sortira pas !

Il faut donner un sens et une valeur différente au travail. Il faut penser la société différemment. Il faut réorganiser la répartition des richesses sur d'autres critères. Peut-être faut-il créer des outils d'échange autre que l'argent, de nouvelles valeurs, de nouvelles règles sociales ?

Quoi qu'il en soit, la mutation se fera, c'est certain ! Peut-être en douceur, peut-être dans un choc révolutionnaire, mais elle se fera !

Depuis l'Antiquité, toutes les sociétés qui ont pratiqué l'esclavage ont fonctionné sur le principe du refus de travailler. Qui a vu que les Grecs ou les Romains, nantis d'esclaves, se plaignaient du chômage ? Bien au contraire, plus ils étaient entourés, mieux ils se portaient. Le général vainqueur qui ramenait des foules de prisonniers au lendemain de ses campagnes ne détruisait certes pas l'Economie de son pays et n'était pas accueilli comme un destructeur d'emplois !

Nous aussi nous avons nos propres esclaves. Qu'ils s'appellent "robots", "ordinateur", "répondeur" ou "machine à laver", ils sont la continuité de nos esclaves de l'Antiquité.

Alors pourquoi sommes-nous à ce point incapables de reproduire les sages règles de société de nos lointains ancêtres.

Le chômage est une invention des temps modernes, il en est considéré comme le fléau lors qu'il devrait en être la récompense…

Article publié en 2009.



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