Vers un nouvel impôt ?

Faut-il taxer les robots au même titre que n'importe quel travailleur humain?

On oublie souvent que l'une des causes principales du chômage provient en réalité des formidables progrès technologiques dont nous bénéficions depuis plus d'un siècle.

Nous avons créé une société d'un type nouveau dans laquelle la machine, esclave docile et moins onéreux, a supplanté le travailleur humain.

Nous serions tentés d'en conclure que l'Homme est enfin libéré et que nous avons enfin atteint la société du farniente et des loisirs, mais c'est loin d'être le cas : les règles qui régissent le monde du travail et la société dans son ensemble n'ont pas évoluées au même rythme que les progrès techniques et il s'en est suivi un grave déséquilibre dont aucune politique n'a su venir à bout.

Comment rétablir l'équilibre ?

Nous n'avons pas bien sûr la prétention de restructurer l'économie mondiale, mais nous souhaiterions développer une première piste qui, pour surprenante qu'elle soit, mérite une certaine attention :

De nos jours un employeur a le choix (selon la nature de son activité bien sûr) entre embaucher un travailleur humain ou bien acquérir un travailleur virtuel (un robot, un ordinateur, un logiciel, etc…) Or la grande aberration de notre système est que, si cet employeur choisit d'embaucher l'être humain, il va être durement pénalisé par l'Etat, alors que s'il acquiert une machine il ne devra rien à personne (sauf au fabricant au moment de l'achat)

Pourtant, en préférant un individu, l'employeur va contribuer à réduire le chômage, il va distribuer du pouvoir d'achat et donc contribuer à relancer la consommation. Alors que s'il choisit d'acquérir une machine il renforcera inéluctablement la crise de l'emploi.

Ce postulat semble évident, mais à l'heure actuelle tout est mis en œuvre pour décourager n'importe quel employeur de travailler avec des humains.

Comment inverser la tendance ?

L'idée serait tout simplement de considérer que tous les travailleurs (humains et virtuels) sont égaux dans l'effort collectif et, par conséquent, de trouver le moyen de les taxer égalitairement.

En effet, puisque les robots ont leur part de responsabilité dans l'accroissement du chômage, il serait logique de les faire participer aux divers coûts sociaux qui ne touchent pour l'instant que les travailleurs humains.

Bien sûr, un tel impôt serait extrêmement complexe à mettre en place mais globalement la logique d'une telle démarche est certainement l'une des seules issues de secours.

Le but final serait donc, de par l'institution d'une nouvelle taxe sur les machines et par la diminution des taxes sur les individus, de laisser à l'employeur le libre choix entre deux stratégies plus ou moins équivalentes sur le plan fiscal.

En outre, ce procédé aurait l'immense avantage de réduire une injustice flagrante, à savoir que les employeurs qui, de par leur activité, doivent se contenter de travailleurs humains sont fiscalement pénalisés par rapport à ceux qui peuvent privilégier des robots. Ainsi tous les employeurs seraient plus ou moins égaux devant l'effort de participation aux coûts du chômage.

Et, cerise sur le gâteau, tout chômeur ne serait plus indemnisé uniquement par la contribution des autres travailleurs, mais par la contribution du robot qui lui a peut-être fait perdre son emploi !

Utopie irréalisable ?

Certainement pas ! L'outil serait long et terriblement complexe à mettre en place et il faudrait une fois de plus lutter contre la délocalisation massive, mais il est surprenant que nos dirigeants si friands d'impôts, de taxes et de prélèvements divers n'aient pas déjà sauté sur l'occasion…

Article publié en 2009.



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